Le 1er mars 2026 marque l’entrée en vigueur de la réforme du chômage, élaborée et mise en œuvre par le Gouvernement De Wever. Il s’agit de la réforme la plus marquante que la réglementation du chômage ait connue depuis des décennies.
Outre le fait qu’elle introduit une limitation dans le temps du droit aux allocations de chômage, cette réforme reflète un nouveau modèle de sécurité sociale – que nous pourrions qualifier d’insécurité sociale – à l’image de la politique néolibérale qui l’a fait naître.
L’accès au chômage tel qu’il se présente aujourd’hui est devenu nettement plus restrictif et sélectif. Au détriment du plus vulnérable, il tend à favoriser le travailleur « modèle » – celui qui est en mesure de retrouver rapidement un emploi parce qu’il n’est ni trop jeune ni trop âgé, qu’il dispose de qualifications suffisantes, qu’il est bien « intégré » et en bonne santé. Au diable les travailleurs précaires, peu qualifiés, seniors, intérimaires, les petits temps partiels,… Ils peineront désormais à maintenir leurs allocations, au point, pour nombre d’entre eux, de sortir du système de la sécurité sociale pour s’habituer à vivre sous le seuil de pauvreté.
Dans cette brochure, nous avons cherché à présenter les principales mesures introduites par la réforme ainsi que les changements qu’elles induisent par rapport aux dispositions précédemment en vigueur.
Nous nous attachons, dans un premier temps, à présenter les changements majeurs intervenus au niveau des conditions d’admission et d’indemnisation au chômage, en passant par les règles régissant la limitation dans le temps. Nous tentons ensuite de mettre en exergue les enjeux principaux de la réforme en nous interrogeant sur le nouveau modèle de « sécurité sociale » qu’elle instaure.